FRART Vers une reconnaissance juridique de la rivière ?

FRART Vers une reconnaissance juridique de la rivière ?1. Introduction

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En 2021, dans le cadre d’un projet artistique, je réalisais un voyage initiatique sur la Meuse et la Sambre. Constatant lors de ce voyage la pollution et l'état de délabrement du rapport entre la rivière Sambre et ses habitants, j'ai initié une démarche singulière qui vise à donner une personnalité juridique à la rivière Sambre. Cette démarche ambitieuse (qui sera une première en Belgique) est inspirée par différentes initiatives internationales récentes. En tant que sujet de droit, la rivière n'est plus considérée comme une simple chose ou un « égout » mais comme un élément vivant, un sujet avec lequel nous sommes en relation de réciprocité. C'est pourquoi nous parlerons de Sambre comme un prénom et non plus de « la » Sambre comme un simple cours d'eau. Pour atteindre cet objectif, un comité transdisciplinaire intitulé SAMBRE 2030 a été constitué.

Une étape importante de ce projet collectif a eu lieu au printemps 2024 sous la forme de quatre journées de rencontres organisées en bord de Sambre afin de formaliser l'objectif de ce projet.

Ce projet de recherche artistique s'inscrit à la suite de cette démarche et aura pour principal objectif d’investiguer une manière d'articuler et de formaliser la matière issue de ces rencontres avec l’apport d’experts, de juristes et d’artistes pour permettre le déploiement de nouveaux récits et initiatives autour de Sambre.

Les questions centrales de cette recherche sont alors les suivantes : Comment ce droit du vivant peut-il s’incarner artistiquement autour de Sambre ? Quelles formes peuvent prendre les récits qui en découlent ? Peuvent-ils générer de nouveaux regards et imaginaires ?

Face à la crise écologique ainsi que la fragilité sociale et économique, il est urgent de repenser notre rapport au vivant et à Sambre en particulier. En outre, cette recherche tentera de donner un rôle central et politique à l'art comme générateur de nouveaux enthousiasmes permettant les mobilisations transdisciplinaires et transformatrices.

Co-auteurs de la recherche : Gilles Saussier, Julien Poidevin, Xavier Istasse et Vincent Meessen

Experte juridique : Marine Yzquierdo

Autres expert·es juridiques : Marie-Sophie de Clippele - Delphine Misonne – UCL Saint Louis ; Sacha Bourgeois Gironde – Université PSL - Paris ; Mihnea Tǎnǎsescu - UMons

Expert scientifique : Dimitri Belayew – Géographe spécialiste du Paysage - Pro Scape

Partenaires institutionnels : L’Eden - Charleroi – Manon Istasse ; Musée de la Photographie à Charleroi – Christelle Rousseau ; Le Delta - Namur – Anaël Lejeune

Principal partenaire :  ESA St-Luc Bruxelles – Direction : Septembre Tiberghien

Soutiens et autres partenaires : LOCI – UCL IMA (International Master of Architecture) – Christine Fontaine ; ULiège Architecture et Urbanisme – Sophie Dawance ; ULB Territoire et paysage – Virginie Pigeon

Expertise et collaboration : Legal Expert on the Rights of Nature

FRART Vers une reconnaissance juridique de la rivière ?2. L’art en commun

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Comme la reflexion porte sur les relations entre les aspects juridiques et artistique des droits de la Nature, à travers le cas de Sambre, cette recherche implique aussi une réflexion sur le rôle de l’artiste en filiation avec les énonciations du philosophe Bruno Latour : peut-on faire art comme on fait société ? Le public peut-il être mis au cœur du processus d’élaboration de l’œuvre d’art ? Un « art où la question du public est renouvelée, où la légitimité sociale de l’art est confirmée ».

Pour Estelle Zhong Mengual1, cela ne fait aucun doute : l’art en commun, qui repose notamment sur la participation, pose les conditions et les formes de nouvelles possibilités de faire collectif. Si l’auteure cherchent à comprendre et expliquer ces conditions et ces formes, elle met également l’accent sur la dimension politique de cette forme d’art qui s’empare ainsi d’enjeux sociaux cruciaux (communauté, participation, démocratie, etc.).

Les projets du Parlement de Loire et La Grande Remontée de Loire 2 rendent compte de ces nouvelles manières de faire collectif dans un projet artistique et atteste de l’apport d’initiatives artistiques comme moteur de nouvelles énonciations et de nouveaux récits sur le faire monde ensemble.

Et Sambre a singulièrement besoin de nouveaux récits.

1 Les Nouveaux Commanditaires, Faire Art Comme On Fait Société, Les Presses du Réel, 2013
Estelle Zhong Mengual, L’art en commun. Réinventer les formes du collectif en contexte démocratique, Les liens qui libèrent, 2019

2 https://www.parlementdeloire.org/grande-remontee-2023/