FRART Iconologie des exclu·es des métropoles belges. Dialectique de l’ensauvagement.

FRART Iconologie des exclu·es des métropoles belges. Dialectique de l’ensauvagement.1. Iconologie des exclu·es des métropoles belges. Dialectique de l'ensauvagement.

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  • tags: Belgique, humanisme, vagabondage, linguicide, déculturation, ensauvagement, Etat-Nation, culture populaire, colonisme interne, système carcéral, Belgium, civilisation, humanism, folk culture, sans-papiers, internal colonism, colonisation, prison system, théâtre, cinéma

Nous habitons un monde où l'Etat-Nation est présupposé à toutes communautés et où la centralisation des pouvoirs s'est imposée en maître. Le capitalisme extractiviste est avancé comme seule alternative viable et le colonialisme passé se prolonge au présent sous la forme de dettes impayables et d’occupations militaires arborant les oripeaux d'un humanisme valeureux et charitable. Là-bas, des personnes se retrouvent étranglées par des rapports de surexploitation et tentent de rejoindre l’espace Schengen, en quête de conditions de survie. Au même moment, ici, la globalisation engendrée par le capitalisme colonial exacerbe la précarisation et la perte des acquis sociaux. Elle participe à l’effacement des mémoires, des cultures, des histoires et des langues et génère une déculturation qui masque sa détresse dans le cri d’une quête d’identité nationale excluante. 

 

Dans le contexte spécifique de la Belgique où nous vivons, il nous paraît nécessaire d’analyser le roman national, ses modes de représentation et de le relier aussi au reste du monde. Depuis ce pays, abritant la capitale de l’Europe et le siège de l’OTAN, et via nos pratiques théâtrales et cinématographiques, nous cherchons à retourner le regard vers notre histoire, nos ensauvagements, en accomplissant une ethnologie de nos propres milieux et de nos propres contextes.

 

Aujourd’hui nous travaillons respectivement à l’écriture d’une pièce de théâtre, L’Extinction des villages (pour Julie Jaroszewski) et d’un film, Kolonie 7 (pour Pauline Fonsny). L’une et l’autre, nous plongeons dans l’histoire de la Belgique, creusant des récits oubliés, de corps minorisés et précarisés. Bien que nos deux espaces travaillés soient distincts (le théâtre et le cinéma, la Wallonie et la Flandre), ils rencontrent de nombreux points communs de la mémoire ensevelie des chassé·es de l’Histoire. Deux projets où le village (créé de manière organique par le bas)  et la colonie (imposée par en haut) se regardent et se révèlent. Deux histoires qui, en prenant le temps de dialoguer, racontent l'industrialisation, le capitalisme fossile, la disparition des langues provinciales et la domestication des populations.