Henri Bony & Léa Mosconi
"Esthétique du sublime, de sidération et de fin des temps, quels récits pour l’anthropocène ?"

Mosconi Léa

L’ambition de notre projet de recherche est de traquer l’esthétique du sublime, de sidération et de fin des temps que construit la thèse de l’anthropocène. Cette esthétique, nous tenterons de l’éprouver en construisant un atlas de l’anthropocène qui articulera, dans une installation composée d’une recherche par le dessin, d’une recherche iconographique et d’une recherche documentaire, les lignes des récits que mobilise l’anthropocène. La confrontation de différents médiums et de divers outils, permettra de mettre en interaction les multiples narrations dont est chargée cette nouvelle époque géologique. Les tableaux et les entretiens, comme matière exploratoire, et les dessins comme puissance d’interrogation, permettront de construire une sociohistoire plastique de l’esthétique de l’anthropocène.

La recherche « Esthétique du sublime, de sidération et de fin des temps, quels récits pour l’anthropocène ? » s’articulera autour de trois temps :

Temps 01 : de l’image au discours, enquête sur l’imaginaire collectif que convoque l’anthropocène

Les étudiants de Master de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles ont réalisé un travail iconographique autour de l’anthropocène. Chaque étudiant a cerné une problématique que mobilise cette nouvelle période géologique et en a fait un tableau composé de vingt-quatre images de référence issues du champ de l’art, de l’architecture, du cinéma, de la culture populaire. Ce travail s’est fait sous l’influence majeure des recherches de l’historien Aby Warburg pour son atlas mnémosyne.
Nous proposons ici de mener une enquête sur l’esthétique de l’anthropocène dans l’imaginaire collectif ; il s’agit alors de rencontrer sept personnalités du monde l’art et de l’architecture et de réaliser avec chacune d’entre elle un entretien vidéo en les faisant réagir sur l’un des sept tableaux. L’articulation des tableaux avec les entretiens, entre discours et iconographie, construit un imaginaire collectif de l’anthropocène.

Temps 02 : Le dessin comme puissance d’interrogation ou comment questionner les récits de l’anthropocène par le geste

Chaque entretien est ainsi mis en relation avec chaque tableau. Ils constituent une matière dense qui participe à construire un premier cadre de la recherche : celui de l’imaginaire des récits de l’anthropocène. Ce travail permet de nourrir une recherche plastique sur l’esthétique que mobiliserait cette nouvelle période géologique, entre sidération, sublime et fin des temps. Cette recherche plastique se fait par le dessin. Le dessin, comme acte, comme geste, comme prise de position ; le dessin comme interprétation sublime et sensible des choses, comme écho au chaos du monde, comme projection des inquiétudes et des questionnements des individus.
Par le dessin, il s’agit de construire une puissance d’interrogation sur les champs esthétiques que mobilise l’anthropocène.

Temps 03 : mettre en scène et dans l’espace la recherche

Dans un troisième temps, nous construisons une installation à partir des images, des vidéos et de l’exploration par le dessin que nous avons mené. Par la mise en espace de la matière articulée, nous proposons aux potentiels visiteurs de faire l’expérience d’un imaginaire de l’esthétique du sublime, de sidération, et de fin des temps que convoque la thèse de l’anthropocène. Cette mise en exposition constitue un pan de réflexion de notre recherche ; la juste articulation de la matière, tant au niveau du sens qu’au niveau de l’espace, fait partie du travail de recherche que nous menons.
Ainsi, l’installation de l’atlas de l’anthropocène permet d’interroger l’esthétique dont serait chargée cette nouvelle époque géologique et d’en faire une expérience.

Rapport intermédiaire :

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