Verbockhaven Johanne

Hornstrandir memories – mémoire d’une terre oubliée (2014)

Promoteur : Jacinthe Mazzocchetti (UCL) Co-Promoteur : Chantal Maes (ArBA-EsA)

Sans titre, Falaise du Hornstrandir ; Arnor Stigsson. Né à Horn, extrême nord-ouest Islandais, Johanne VERBOCKHAVEN ]

Je souhaite mener ce projet de recherche conjointement entre l’anthropologie, les sciences politiques et les arts visuels. Le projet s’articule principalement autour des questions de la mémoire, du déracinement et de la trace. Depuis 2009, chaque année, je voyage à pied, dans la région des fjords reculés et isolée de la péninsule de l’extrême nord-ouest islandais, le Hornstrandir. Région désertée de sa population entre la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. Ces deux événements historiques ont engendrés des bouleversements sans précédent dans la zone reculée, entraînant des conséquences irrémédiables sur la ruralité . L’armée anglaise, a embauché à forts salaires une partie des jeunes hommes de la population locale, constituant la force ouvrière des fermes, en tant que main d’oeuvre pour la construction de leur base militaire. Avec leur gain, certains jeunes hommes ont ensuite abandonné les fermes natales pour un mode de vie urbain répondant aux critères de la modernité naissante de l’époque. La population restante dans les fermes n’a progressivement plus su faire face à la vie quotidienne et, bien que pour des raisons également inhérentes à chaque famille, a graduellement quitté les fjords du Hornstrandir, abandonnant leur terre natale . Dans le courant des années 70, le gouvernement Islandais a établi la zone en réserve naturelle. Depuis cette période, une très grande promotion est faite autour de la vie sauvage ainsi que du trek dans la réserve. Certaines familles ont rebâti leur patrimoine et y passent uniquement l’été. Il n’y a plus aucune population locale à l’année. En 2009, alors en formation de guide nature, je fus très attirée par cette région. En y marchant, très vite mon regard fut attiré par toutes les ruines que je croisais sur ma route et je me demandai pourquoi on ne parlait pas de ceci en Islande … D’autre part, la présence des ruines des bases militaires anglaise et américaine ont attisé ma curiosité en me reconnectant à un projet antérieur dans l’arctique canadien au sein du peuple Inuit. Projet au cours duquel j’ai eu l’occasion d’aborder, entre autre, la question des impacts sociaux et économiques de la guerre froide sur la population Inuit. Les racines de mon projet actuel et de ma recherche se sont donc plantées. Je suis partie à la recherche des derniers témoins directs et encore vivants aujourd’hui du Hornstrandir, en vue de collecter leurs souvenirs d’enfance passée là-bas et par là préserver cette mémoire vivante actuellement mais appelée à disparaître définitivement sous peu. De la part de chaque personne rencontrée, un très grand enthousiasme et une grande joie. Comme j’ai pris l’habitude de le dire, ce projet ne se serait pas réalisé sans eux et leur soutient. Beaucoup d’émotions vives pour bon nombre, étant partis sans en avoir eu le choix, et portant un sentiment douloureux de déracinement. J’ai mené des entretiens enregistrés qui seront amenés à être retranscrit en textes . Parallèlement, j’ai également filmé sur support video certains entretiens.

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