Kechavarz Nelly

Ta’zieh – art de transgression : étude sur un théâtre religieux iranien

Promoteur : Jihane Sfeir (ULB) Copromoteur : Jean-François Dior (ArBA-ESA)
(2016-)

Bien que les lois de l’orthodoxie islamique soient prônées en Iran, le peuple iranien et ses artistes ont toujours réussi à transmettre leurs idées au sein de la société sans jamais cesser de se référer à leur héritage culturel pré-islamique, que cela soit dans le théâtre, le cinéma, la peinture, etc. La question vitale qui se pose en ce qui concerne l’expression artistique en Iran est donc : comment ces artistes (professionnels ou amateurs) y sont-ils parvenus ? L’art contemporain iranien a-t-il réussi à transgresser les préceptes idéologiques ?

Il existe une forme de théâtre sacré né en Iran, le Ta’zieh, considéré comme unique au monde. Ce théâtre religieux pluridisciplinaire réunissant actions scéniques, musique, chant, littérature, costumes, peinture, accessoires spécifiques, cortèges, etc., ne cesse d’évoluer depuis des siècles. Sa particularité est qu’il a été inventé par le peuple, par des gens n’ayant aucune formation artistique, mais qu’il est pourtant un spectacle grandiose cristallisant les spécificités ethnologique et anthropologique du peuple iranien. Est-ce que cette forme théâtrale a influencé l’art moderne et l’art contemporain en Iran ? Et si la réponse est positive, quels sont les aspects particuliers qui s’y reflètent ?

Avec le Ta’zieh, drame rituel et lyrique, on touche au cœur de la religiosité populaire iranienne. C’est une forme théâtrale de la représentation du pathos, quasi sécularisée à travers les temps et qui survit encore à travers ses métamorphoses. Cependant, en Iran, le Ta’zieh remplit non seulement ce rôle mais il est également devenu un moyen de transgression des interdits religieux par le biais des arts.

Les recherches existantes concernant le Ta’zieh n’abordent, pour la plupart, que des questions d’ordre très général ou bien, le comparent avec le Mystère (ou Passion) du Moyen âge. Aucune d’entre elles ne s’intéresse au sens caché et à la compréhension des langages qui composent les cérémonies de deuil du mois de Moharram et du Ta’zieh. Ce sera précisément l’objet de ce projet de recherche doctoral, qui tentera en outre de définir les influences du Ta’zieh sur l’art moderne et l’art contemporain iranien tout en apportant un regard nouveau du point de vue artistique et contemporain sur ce genre théâtral particulier.

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