Les Formes du documentaire - Portée politique et expérience esthétique

Gillard Khristine

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(Porteur : erg)

Ce projet de recherche invite à un questionnement sur les formes documentaires, leur portée politique et les différentes expériences esthétiques qu’elles proposent, en ouvrant la réflexion sur l’importance du choix des outils et des supports, des lieux de production/fabrication et des formes de représentation, y compris installatives. L’auteure, Khristine Gillard, est cinéaste et membre fondatrice de LABO Bxl, atelier de recherche sur support argentique, en lien avec le réseau international Filmlabs des laboratoires d’artistes. Elle travaille l’image et son hors-champ à travers la réalisation de documentaires, mais aussi sous la forme d’installations, de multi-projections super 8 et 16mm, de projets photographiques et autres expérimentations photochimiques. Chacun de ses projets est l’occasion d’explorer la relation qui se tisse entre l’homme / la femme et son territoire. La recherche s’organise autour d’un projet en cours intitulé « Tracé / L’homme qui marche rend visible le caché », une proposition documentaire sur le mode de l’installation. Celle-ci interroge la profonde transformation d’un paysage à travers la rencontre de ses habitants et leur lien avec ce territoire, en mettant en espace et en résistance un ensemble de forces – humaines et naturelles. La réalisatrice emprunte au langage cinématographique, tant digital qu’argentique, et recourt à l’archive (physique et virtuelle), à la photographie, à l’entretien, à l’objet et à différents supports de communication. L’un des axes de la recherche portera notamment sur la possibilité du choix du support comme choix politique et partie prenante de l’expérience esthétique du documentaire, et sur la création/utilisation d’outils DIY qui participent de - et influencent ses modes de production. Dans sa pratique personnelle, Khristine Gillard a jusqu’à présent choisi de travailler principalement en pellicule, dans une économie non-commerciale, sans pour autant se positionner « contre » le digital, mais en travaillant de manière constructive à une redéfinition et à une réaffirmation des attributs et particularités des différents outils, à une reconnaissance de leurs complémentarités en intégration avec l’époque actuelle et à la recherche de leur justesse par rapport aux circonstances de création. Ce projet de recherche, développé en lien avec l’erg (Ecole de Recherche Graphique) à Bruxelles, articulera des périodes de recherche personnelle (lectures, analyses, rencontres), des expérimentations artistiques et techniques autour des outils et des supports, et des moments de rencontres (conférences, projections, ateliers, partage d’étapes de travail) ; moments qui pourront s’intégrer dans les pratiques pédagogiques de l’école et s’adresser également à un public plus large. D’autres partenariats sont prévus, notamment dans le cadre de la programmation du festival Filmer à tout prix en novembre 2017, ainsi qu’à l’occasion de la résidence Conversations # 2 entre Nina de Vroome et Khristine Gillard, initiée par le GSARA et le CVB.

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